Les races Mérinos d’Arles, Mourérous et Préalpes du Sud sont présentes en région PACA et Auvergne Rhône-Alpes. Elles sont gérées par l’OS ROSE (organisme de sélection des races ovines du sud-est) qui est rattaché à la Maison Régionale de l’Elevage PACA.

Concernant les races Grivette, Blanche du Massif central, Noire du Velay, Bizet et Rava également présentes en Auvergne Rhône-Alpes, c’est l’OS ROM sélection qui assure la gestion de ces races.

Les OS ont différentes missions (liste non exhaustive) :

  • Gestion des livres généalogiques
  • Qualification des reproducteurs
  • Définition et mise en place des schémas de sélection
  • Communication et promotion des races
  • Gestion de la variabilité génétique
  • Gestion de la SCI ou du centre d’élevage, organisation de l’IA
  • Gestion de gènes hyperprolifiques

Travailler ensemble pour progresser

Les éleveurs sélectionneurs et multiplicateurs sont adhérents à un OS et leurs brebis forment la base de sélection.

Les éleveurs sélectionneurs créent le progrès génétique par la sélection des meilleurs reproducteurs. Ils diffusent ce progrès génétique lors de la vente de béliers en sortie de centre d’élevage et lors de la vente d’agnelles. Les multiplicateurs achètent les béliers en sortie de centre d’élevage et vendent ensuite leurs filles. Les utilisateurs achètent des béliers et des agnelles sélectionnées soit directement chez les éleveurs en OS ou soit via l’OS ou les Organisations de Producteurs (OP) pour améliorer les performances de leur troupeau.

Source : Claire Jouannaux – Maison Régionale de l’Elevage

Le contrôle de performances : un suivi régulier du troupeau

Les éleveurs sélectionneurs et multiplicateurs sont inscrits au contrôle de performances et sont suivis régulièrement par un technicien. Celui-ci passe dans les élevages pour faire les inventaires et les pesées (en fonction de la formule utilisée). Il met également à jour la base de données OVALL grâce aux carnets d’agnelages et aux déclarations de luttes. A partir de ces données, il conseille l’éleveur dans le choix des agnelles de renouvellement, des brebis à réformer, des lots de luttes…

Le schéma de sélection génétique : quèsaco ?

L’objectif d’un schéma de sélection est d’améliorer les performances d’une race en accouplant les meilleurs béliers (béliers recommandés) avec les meilleures brebis (mères à béliers). Les mâles issus de ces accouplements sont triés en fonction du standard de race, de la conformation, des performances de leurs parents et de la résistance à la tremblante.

Les meilleurs rentrent en centre d’élevage où ils resteront sur une période plus ou moins longue selon les races (environ 6 mois pour les races de l’OS ROSE).

Le centre d’élevage permet ainsi d’élever les béliers dans les mêmes conditions. Dans le centre d’élevage, les béliers sont évalués par un pointage phénotypique (développement et conformation) et en fonction des performances de leur père et de leur mère.

A la sortie du centre, les meilleurs béliers sont vendus aux éleveurs sélectionneurs, multiplicateurs puis aux OP qui les diffusent aux éleveurs utilisateurs.

 Source : Claire Jouannaux – Maison Régionale de l’Elevage

Le schéma de sélection des races n’est pas figé et évolue en fonction des besoins des éleveurs et des filières mais aussi du contexte économique et politique.

Des objectifs de sélection au service des éleveurs

Pour chaque race, les objectifs de sélections sont définis en fonction de l’utilisation des animaux et des attentes des éleveurs et de la filière.

En Mérinos d’Arles et Préalpes du Sud, l’accent est mis sur la valeur laitière mais d’autres critères sont également travaillés : standard de race, prolificité, résistance à la tremblante, variabilité, …

Les index : c’est facile !

Les performances d’un animal comme la valeur laitière (VL) peuvent s’expliquer par sa génétique et par son environnement (soin, alimentation, …). L’index permet de mesurer cette valeur génétique et donc de comparer tous les animaux d’une même race quel que soit leur millésime, leur mode de naissance, l’élevage dont ils sont issus… Le calcul des index est établi à partir des performances mesurées sur les animaux en tenant compte des liens de parenté.

L’éleveur a donc une valeur de référence de la race (moyenne de la race centrée sur 100) et peut facilement évaluer ses propres animaux par rapport à cette moyenne. Ainsi, une brebis qui a un index VL supérieur à 100 produit plus de lait que la moyenne de la race. Inversement, une brebis qui a un index VL inférieur à 100 produit moins de lait que la moyenne de la race.

Pourquoi travailler sur la génétique du troupeau ? Exemple de la valeur laitière

Avoir des agneaux sous la mère plus lourds

Chez les sélectionneurs, tous les agneaux sont pesés aux alentours d’un mois ce qui permet de déterminer le Poids Age Type à 30 jours (PAT 30j), élément indispensable dans le calcul de l’index VL de la mère. Les PAT 30j de 5 270 agneaux Préalpes du Sud et 10 170 Mérinos d’Arles nés en 2015 ont été classés en fonction de l’index VL de la mère.

Il en ressort que le PAT 30j moyen des agneaux (sans distinction du sexe ou du mode de naissance) augmente de 2,8 kg en Préalpes du Sud et 2,5 kg en Mérinos d’Arles entre les agneaux issus de mères avec mauvais index et les issus de mères avec bons index. Cette différence de poids est uniquement due au potentiel laitier des mères, l’alimentation de celles-ci étant identique !

Diminuer la durée d’engraissement

La durée d’engraissement a été étudiée dans une élevage de 1 750 mères Mérinos d’Arles et en sélection depuis 3 générations. Les agneaux pris en compte sont tous de race Mérinos d’Arles et vendus en bio. Les données abattage ont été récoltées pendant 2 ans à partir d’OVITEL soit environ 490 agneaux concernés. Ils ont été classés, sans distinction de sexe ni de mode de naissance, en 3 catégories en fonction de l’index VL de leur mère comme précédemment.

Il apparait que le poids carcasse est équivalent entre les 3 catégories, par contre la durée d’engraissement est réduite de 23 jours pour les agneaux issus de mères avec un bon index VL.

Améliorer le classement carcasse

Toujours dans cet élevage, si l’on regarde de plus près le classement carcasse, il y a 10% de plus d’agneaux issus des bonnes laitières en catégorie R pour un classement gras équivalent.

Ces premiers éléments de réponse doivent être étudiés sur plusieurs années et sur d’autres élevages mais ils permettent déjà de chiffrer plus concrètement l’intérêt de travailler la génétique du troupeau.

Conclusion

Sans chercher absolument à acheter des reproducteurs avec de (très) bons index, qui de fait sont rares, il est possible de se concentrer sur des animaux avec un index VL autour de 100, qui déjà apporteront un bon progrès génétique. Enfin il ne faut pas oublier qu’une brebis pourra exprimer tout son potentiel génétique uniquement si les conditions d’alimentation et sanitaires sont favorables.

Comment avoir accès à la génétique ?

  • Par le biais des OS ou OP ou directement chez les éleveurs en base de sélection
  • En devenant sélectionneurs ou multiplicateurs. Pour cela, il faut s’inscrire à l’OS de la race concernée. Vous devez en parallèle vous inscrire au contrôle de performances de votre département.

Contacts :

RacesNomRéférent génétiqueAdresseNuméro de téléphone
Préalpes du Sud, Mérinos d’Arles et MourérousOrganisme de sélection ROSEClaire JOUANNAUXMaison Régionale de l’Elevage – 570 av de la Libération – 04100 Manosque04.92.72.56.81
Grivette, Noire du Velay, BMC, Rava, BizetOrganisme de sélection ROMJérôme GUEUXRoute de Thiers – Marmilhat 63 370 LEMPDES 04.73.92.74.07

Pour en savoir plus…

Fiche race
Mérinos d’Arles

Fiche race
Préalpes

Fiche race
Mourérous